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19 mars 1962, pour que l’avenir se construise ensemble

19 mars 2012 | Catégorie(s) : Archives député, Circonscription

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En tant que candidat à la députation de cette 9ème circonscription du Maghreb et de l’Afrique de l’Ouest, je vous invite à partager les propos de Français Hollande sur ce sujet (mettre le lien) et je m’engage auprès de vous toutes et tous à contribuer à renouer des liens d’amitiés et de fraternité qui doivent constituer demain le partenariat et les échanges entre l’Algérie et la France.50 ans déjà depuis les accord d’Evian, et à l’orée d’un changement majeur, attendu et souhaité pour notre pays, nous n’oublions pas l’histoire, notre histoire contemporaine qui a été et est aussi celle de l’Algérie. De ce passé colonial français, de ces centaines de milliers de morts et blessés, algériens pour la plupart mais aussi français, de cette déchirure et de ses stigmates toujours présents, nous gardons et garderons «la mémoire » qui est la notre, celle d’une histoire commune et douloureuse. Mais, aujourd’hui, au delà des responsabilités, d’une repentance jamais vraiment formulée ou d’un oubli coupable, le temps est venu de tisser un nouveau dialogue entre ces deux rives méditerranéennes, d’œuvrer à un dialogue constructif, équitable basé sur des intérêts mutuels, économiques mais aussi linguistiques et culturels.

Aux nouvelles générations, à cette jeunesse algérienne et française, construisons un espace de dialogue, de rencontre, un espace francophone, un Erasmus africain et maghrébin par exemple, ouvert aux échanges d’étudiants, d’universitaires, de chercheurs, ouvrant la voie à un partage du savoir et de la connaissance. Un nouvel espace culturel d’échanges et de proximité, où la diversité ne rimerait plus avec difficultés, entraves au séjour et propos xénophobes tels que véhiculés en ce moment par la droite française.

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« En 1962, le 19 mars, le cessez-le-feu était proclamé en Algérie au lendemain de la signature des accords d’Evian. Cet acte ne marquait pas la fin définitive des violences – loin s’en faut -, mais elles ouvraient la voie au processus qui allait conduire à la fin d’une guerre cruelle.

La guerre d’Algérie a été un moment décisif de l’histoire contemporaine. Elle a, en France, entraîné la chute d’une République et donné naissance à la Ve République ; envoyé de l’autre côté de la Méditerranée un million et demi de jeunes soldats et provoqué la mort de trente mille d’entre eux ; arraché à leur terre natale un million de pieds-noirs ; suscité l’abandon et le massacre de milliers de harkis restés fidèle à la France.

Cette guerre, en Algérie, a entraîné la destruction de centaines de villages et le déplacement de deux millions de paysans ; elle a provoqué la mort de centaines de milliers d’Algériens, et la destruction durable des paysages urbains et ruraux. Après sept ans d’un combat cruel livré entre 1954 et 1962, l’Algérie a obtenu son indépendance, et la France a achevé son processus de décolonisation.

La séparation de l’Algérie et de la France a produit des volontés de connaissances et des oublis. C’est en 1999, avec le gouvernement dirigé par Lionel Jospin, que la guerre d’Algérie a enfin été reconnue, et nommée sur la scène culturelle et politique.

Aujourd’hui, entre une repentance jamais formulée et un oubli forcément coupable, il y a place pour un regard lucide, responsable, sur notre passé colonial et un élan confiant vers l’avenir. Nous le devons à nos aînés pour que leurs mémoires soient enfin apaisées. Nous le devons à notre jeunesse, car le travail de la mémoire ne vaut que s’il est aussi une promesse d’avenir. Cela vaut pour la gauche française dans le regard qu’elle porte sur sa propre histoire. Cela vaut aussi pour la France et pour l’Algérie. Aucune avancée en la matière ne pourra être unilatérale.

Tous les ans, en tant qu’élu de Corrèze, j’assiste aux commémorations du 19 mars devant le monument aux morts en présence des anciens combattants. Dans leurs regards, le soulagement de l’arrêt des combats et du retour au foyer se lit encore, avec l’indélébile souvenir des camarades qui ne sont pas revenus. Je connais leur attachement à la commémoration de cet événement historique. Je le respecte.

Je pense également aux harkis, condamnés par l’Algérie et rejetés par la France, qui ont enduré un interminable calvaire, et ont été abandonnés dans des camps qui devaient être provisoires. La France leur doit le respect et la reconnaissance de son abandon.

Je pense aux familles rapatriées d’Algérie, déracinées, qui ont emporté avec elles une partie de leur vie et une mémoire douloureuse, encore vive aujourd’hui. Elles ont transmis à leurs enfants le souvenir de leur terre natale où ils ne sont pour beaucoup jamais retournés. Elles ont droit au respect de la Nation.

Je pense aux immigrés algériens qui vivent dans notre pays, qui partagent son histoire et qui ont vécu la tragédie du conflit jusque sur le sol français. En me rendant, il y a quelques mois, sur le pont de Clichy pour le 50e anniversaire du 17 octobre 1961, j’ai voulu rappeler ce jour où des Algériens qui manifestaient pacifiquement ont été tués. Aux enfants de ces immigrés, qui se sont sentis exclus de la communauté nationale du fait des déchirures du passé, je dis qu’ils ont toute leur place dans l’histoire de notre pays.

Je pense enfin aux stigmates laissés par la violence de la guerre, à la souffrance des familles des Français et des Algériens qui ont laissé leur vie, y compris après le cessez-le-feu. Mais pour que cette histoire entre de manière apaisée dans notre passé, un travail de mémoire est nécessaire.

La guerre d’Algérie, sombre période de la conscience nationale, sort ainsi des turbulences passionnelles et du traumatisme collectif pour s’offrir, enfin, à l’examen de l’historien. Les jeunes générations, qui font déjà la France et l’Algérie de demain et n’ont aucune responsabilité dans l’affrontement d’hier, peuvent ainsi lire cette page avec méthode, loin du bruit et de la fureur longtemps entretenus par leurs aînés, acteurs de cette histoire.

La France et l’Algérie ont un travail commun à mener sur le passé pour en finir avec la « guerre des mémoires ». Pour passer à une autre étape afin d’affronter les défis communs en Méditerranée. Pour que l’avenir se construise ensemble. Nous avons tant de choses utiles et belles à faire dans une même perspective. Celle du respect, mais aussi celle du dépassement. »

Lire la tribune de François Hollande sur El Watan.

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