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Déplacement au Mali et au Niger du 3 au 5 février

11 février 2013 | Catégorie(s) : Archives député, Circonscription | Thème(s) :

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Au début du mois de février 2013, Pouria Amirshahi s’est de nouveau rendu au Mali et au Niger. Après deux déplacements en novembre 2012 et en janvier 2013, il s’y est rendu cette fois en compagnie de la Ministre déléguée aux Français de l’étranger Hélène Conway. Lors de ce déplacement, auquel étaient également associés la sénatrice Claudine Lepage et le député Alain Marsaud, il a rencontré la communauté française et a eu l’occasion de s’entretenir avec des responsables politiques maliens et nigériens. Voici le compte-rendu de ces trois jours.

Entre gratitude et questionnements

Le contexte de guerre, les enjeux politiques

Nous entendons encore de nombreux remerciements et expressions de gratitude, comme j’ai déjà eu l’occasion de le raconter au lendemain de mon déplacement du 22 janvier. Néanmoins, tous les acteurs politiques du Mali et du Niger rencontrés, ainsi que tous les responsables associatifs, nous mettent en garde: malgré une très forte francophilie, la France est parfois accusée par certains de vouloir partitionner le pays, en accordant au MNLA un statut d’interlocuteur privilégié dans la perspective d’une autonomie du Nord.

Cette rumeur est présentée au mieux comme une crainte, que j’ai dû apaiser – d’autant plus facilement que j’y suis opposé –, et au pire comme une hypothèse sérieuse puisqu’elle serait relayée par des personnalités politiques françaises. Elle est en outre alimentée par le fait que les troupes françaises se retrouvent seules à Kidal, sans les troupes maliennes. Il faut savoir que les rumeurs vont vite et qu’il est très difficile de les défaire…

photo_2_-_Copie-cbcdbIl est néanmoins nécessaire désamorcer cette inquiétude dans les plus brefs délais et de la manière la plus nette possible. Elle est aussi très présente au Niger, dans la population comme chez les élites. Le Président nigérien Mahaladou Issoufou me l’a une nouvelle fois signifié par téléphone avant mon départ. Je sais qu’il en a également fait état à la Ministre déléguée des Français de l’étranger lors de leur rencontre. Quant aux parlementaires maliens et nigériens, ils semblent également unanimes sur la question.

La fin de la Françafrique passe par le respect irréprochable de la souveraineté du Mali. C’est aux Maliens, et à eux seuls, de déterminer les conditions de la reconstruction démocratique de leur pays. La seule boussole de la France doit être la feuille de route qu’ils définiront. La seule échéance pour la France doit être celle du 31 juillet, réaffirmée par le Président par intérim Dioucounda Traoré lors du discours de Bamako du 3 février. La France doit se projeter elle-même dans une autre politique et, à l’aune des récents discours présidentiels en Afrique, formuler une autre ambition africaine.

Cinquante ans après les indépendances qui ont laissé des frontières de plus en plus contestées, et après la volonté affichée de rupture avec la Françafrique, il serait inadmissible que les autorités françaises s’autorisent à dire quelle devrait être l’organisation administrative et constitutionnelle du Mali. Hormis la démocratie, le respect des libertés fondamentales, le développement et la lutte effective contre la corruption, la France ne saurait poser d’exigences supplémentaires. C’est la condition même d’une confiance et d’une fraternité retrouvée avec nos amis et partenaires d’Afrique. De ce point de vue, je ne peux que saluer, une fois de plus, le Discours de Bamako du président de la République.

Sur les opérations militaires

La coordination française des opérations militaires semble non seulement acceptée mais souhaitée – échanges informels avec les postes tchadiens, sénégalais et américains à Bamako. La France, qui va poursuivre les opérations militaires durant encore quelques temps, doit être très claire quant à sa place, son rôle et ses objectifs. La transparence vaudra mieux que tout argumentaire.

Il me semble enfin que la question de la durée de notre intervention se pose. Je suis très opposé à l’idée que le but de cette guerre serait de « vaincre le terrorisme ». Vaincre où ? Dans tout le Sahel ? Au Mali seulement ? Vaincre qui ? AQMI ? Ansar Eddine ? Le Mujao ? Boko Haram ? Tous ?

La lutte contre le terrorisme est en réalité une affaire de longue haleine. Elle n’aura de pertinence que dans le cadre d’une autre politique de développement couplée au travail continu de nos services de renseignement. En attendant, il me semble que les deux objectifs posés par le Mali sont suffisants et pertinents : intégrité territoriale d’une part, régime républicain d’autre part.

Le respect des droits de l’homme

Le déploiement des observateurs de droits de l’homme, conformément à la résolution 2085, est quasi-inexistant. Aux dernières nouvelles, ils n’étaient que deux… toujours bloqués à Bamako. Or, les forces militaires françaises ne peuvent surveiller tous les agissements, les règlements de compte, ni sécuriser totalement les populations. La France doit continuer à exiger publiquement le déploiement de ces observateurs, ce que j’ai redemandé lors de leurs auditions en Commission des Affaires Etrangères à Laurent Fabius, Ministre es Affaires Etrangères et Jean-Yves Le Drian, Ministre de la Défense

C’est aussi une façon de nous protéger. C’est d’autant plus indispensable que si les villes de Gao et Tombouctou ont été libérées et sont relativement sécurisées, ce n’est pas le cas autour des villes.

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