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Déplacement au Mali et au Niger du 3 au 5 février

11 février 2013 | Catégorie(s) : Archives député, Circonscription | Thème(s) :

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Les Français au Mali et au Niger

Je livre ces réflexions après mes échanges directs avec nos compatriotes bien-sûr, mais aussi grâce aux témoignages et réflexions des associations de français qui font vivre toute l’année la solidarité et l’entraide. Je veux tout particulièrement remercier mes amis de Français du Monde ADFE ainsi que les responsables de l’Ufe du Mali et du Niger dont l’éclairage fut très stimulant. J’espère que le compte-rendu que j’en fais, et surtout que les conclusions que j’en tire dans mon action de parlementaire sont à la hauteur de leurs attentes.

Le lycée français de Bamako

Mes arguments en faveur d’une réouverture du lycée Liberté la semaine du 4 février n’ont pas été entendus. Je suis néanmoins satisfait de l’écoute du Président de la République qui a accepté l’idée d’une réévaluation très prochaine et régulière, comme je l’avais suggéré.
Néanmoins, j’ai attiré l’attention du gouvernement sur 3 points :

  • Le Premier ministre Django Sissoko a formellement assuré, lors de notre rencontre du 4 février, qu’il était de nouveau disposé à répondre aux demandes de sécurisation, si de nouvelles sollicitations étaient formulées ;
  • Nous savons que des familles dont les enfants sont aujourd’hui déscolarisés se regroupent dans des lieux publics – jusqu’à 100 personnes – ou au domicile des uns et des autres – jusqu’à 20 personnes – pour pallier la fermeture de l’école et organiser/improviser des cours. Si on peut comprendre cette démarche solidaire, il reste qu’elle met en danger les personnes qui deviennent ainsi des cibles bien plus vulnérables que des enfants scolarisés toute la journée dans un lycée très sécurisé – et qui peut l’être encore plus ;
  • Mes craintes sur les risques de départ d’acteurs économiques – expatriés français ou autres de sociétés étrangères – risquent de se confirmer si le lycée fermait au-delà du mois de février. Les conséquences pour le Mali seraient évidemment négatives.

La stratégie économique

photo_1_-eb684Notre coopération économique avec le Mali doit être réfléchie dès à présent. Pendant que la France poursuit ses opérations militaires aux côtés des armées malienne et africaines, d’autres puissances préparent déjà l’après. J’ai trop en tête l’exemple – sans doute caricatural, mais tellement parlant – de la Libye. De toutes les grandes capitales européennes – Italie, Espagne, Grande Bretagne, Allemagne –, Paris est la seule à ne pas disposer d’une liaison directe avec Tripoli. La reconstruction de l’État malien passe aussi par un renouveau économique. Il est de notre responsabilité de faire en sorte que les entreprises françaises y prennent toute leur part.

Instruit par mes trois derniers déplacements (15 novembre, 22 janvier et 4 février) et par les acteurs économiques rencontrés sur place, je souhaite alerter le gouvernement sur les aspects suivants :

  • Il est nécessaire de relancer les aides budgétaires bilatérales, tout en les conditionnant à la protection et au respect des libertés fondamentales, à une lutte effective contre la corruption et à l’application des principes démocratiques. Ces aides représentent, en année normale, 10% des recettes publiques – 180 millions d’euros en 2011. Ce soutien international à la structure étatique malienne est nécessaire car il permet le financement de la maintenance et du développement des infrastructures du pays – réseau des transports, électricité, eau potable. Les déplacements de population vers Bamako, qui ne cessent depuis un an, ont considérablement accru la pression sur les capacités d’accueil déjà limitées de la capitale malienne. Dans ce cadre, le retour effectif de l’Agence française de Développement est urgent, notamment pour la poursuite du projet de renforcement de la capacité d’alimentation en eau potable du Grand Bamako ;
  • Il est aussi essentiel de définir une véritable stratégie de soutien de la COFACE, qui ne couvre plus le risque-pays Mali. Les acteurs français de l’économie malienne m’ont dit comprendre l’obligation de prudence assignée à l’assurance-crédit, mais souhaitent simplement que de nouvelles expériences soient tentées sur des entreprises – par ailleurs majoritairement à capital français – dont la crédibilité, la solvabilité et la résilience des activités sont indiscutables ;
  • Il s’agit enfin de rouvrir la Mission économique française de Bamako, supprimée durant le dernier mandat présidentiel. Si elle n’est pas une garantie pour un succès accru de nos entreprises, son rôle de « vigie » est plus que jamais nécessaire et nous fait aujourd’hui sévèrement défaut.

Niger : une sensation d’étouffement

Depuis 2010, le poste à mis en œuvre les recommandations de précaution et de sécurité. Les autorités du Niger ont été réactives et disponibles pour répondre aux sollicitations de notre ambassade. Si les Français comprenaient les mesures, ils font aujourd’hui tous part, avec force et émotion, de leur sentiment d’étouffement. Les personnels résidents de l’école Lafontaine en ont fait état directement à la directrice de l’AEFE et à la Ministre des Français de l’étranger. Les personnels de l’ambassade et du consulat disent ressentir la même sensation de confinement. Les chefs d’entreprises eux-mêmes se plaignent de mesures de plus en plus privatives de liberté.

photo_4_-_Copie-e5a27Il me semble que des initiatives pourraient être prises pour soulager nos compatriotes de contraintes lourdes :

  • pour les agents, titulaires ou contractuels, de nos institutions et écoles, des améliorations substantielles de primes me paraissent légitimes ;
  • de même, en l’absence de mesures d’assouplissements des mesures privatives de liberté, la prise en charge d’au moins un billet d’avion aller-retour avec la France les soulagerait très certainement;
  • enfin, pour ce qui est des mouvements de circulation des Français au Niger, il m’a été fait état d’un zèle parfois très appuyé des forces de l’ordre nigériennes, qui ont tendance à confondre les « recommandations de prudence » avec des « interdictions ». Il conviendrait de préciser les règles et les cas ainsi que les catégories de personnes pour lesquelles elles s’appliquent.

Avant de mettre en ligne cet article, je veux une fois de plus remercier les agents et personnels de nos ambassades et consulats qui ont permis, par leur connaissance de leurs environnements autant que par leur professionnalisme, que ces trois jours soient des plus instructifs.

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