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Dossier Marcel Gotlib

22 mai 2013 | Catégorie(s) : Bande Dessinée | Thème(s) :

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Marcel Gotlib est un maître. Un auteur riche de ses influences françaises et états-uniennes (Walt Disney, l’humour underground de Mad, mais aussi Vaillant dans lequel il a publié ses premières bandes dessinées, Goscinny avec qui il a commis les Dingodossiers), mais jamais prisonnier d’une école. Autodidacte, il s’est construit avec son époque, croquée dans tous les sens de l’absurde et de la dérision.

Avec lui, tous les codes de la bienséance sont piétinés ; tous les gestes les plus grossiers sont figés comme constitutifs du naturel primate de l’homme (on pense à Gai-Luron qui enfonce « joyeusement » son doigt dans le nez) ; tout ce qui semble aller de soi exagéré comme un vice : le sexe, le sport… Résolument « anti-cons » Marcel Gotlib n’est cependant pas un misanthrope. Son cynisme se veut d’abord une école du rire, d’un rire de soi-même d’abord et d’un rire subversif toujours.

Maître de l’exagération, Gotlib dessine autant pour être vu que pour être lu. Ses histoires, courtes ou longues, bien que rocambolesques, sont toujours construites sur un scénario très structuré et s’enrichissent d’une frénésie de l’écriture (longues tirades, fausses ou vraies citations, élégance des dialogues et des commentaires…) qui accentue souvent le décalage par l’absurde, un peu comme Greg et son personnage Achille Talon. Mais l’exagération frappe au premier coup d’œil par des expressions de visages absolument géniales (oui, l’expression humaine, même quand nous sommes représentés par des animaux ou des voitures, est LE personnage principal et permanent de l’œuvre de Marcel Gotlib). Ses dessins, riches en détails mais en même temps très dépouillés (les décors sont rarissimes), crèvent les yeux par un trait noir nerveux et précis qui amènent le lecteur à l’essentiel : le rire, encore et toujours.

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Si Marcel Gotlib est sans tabou c’est sans doute qu’il n’est impressionné par personne. La notoriété, la célébrité, les mythes (du beau, de la classe, du charisme etc.) sont ses premières victimes. A recenser tous les « grands » de ce petit monde qu’il a croqué, on revit un demi-siècle (Isabelle Adjani, Woody Allen, Louis Armstrong, lesBeatles, Humphrey Bogart, Marlon Brando, Georges Brassens, Jacques Chirac, Georges Clemenceau, Coluche, Salvador Dali, Picasso, Clint Eastwood, Louis de Funès, Jean Gabin, Serge Gainsbourg, Valéry Giscard d’Estaing, Laurel et Hardy, les Marx Brothers, Frank Zappa, Bruce Lee…) et parfois même la grande Histoire (Beethoven, Louis XIV, Jeanne d’Arc, Napoléon, Galilée, Newton…). Qui aime bien châtie bien… Marcel Gotlib ne s’est d’ailleurs pas gêné pour tourner en dérision des auteurs proches (Binet, Bretécher, Cabu, Druillet, Franquin, Fred, Goscinny, Gébé, Mandryka, Reiser, Uderzo…) ou des mythes de la bande dessinée et de la littérature (Astérix, Barbararella, Geppetto, Superman, Tarzan…). Un hommage permanent à ce qui l’a construit, à ceux auprès de qui il a appris, à son panthéon personnel sans doute (sans oublier Marcel Gotlib lui-même, bien sûr !).

Bref, sans qu’il y paraisse, beaucoup d’amour dans un monde brutes. _ Conteur intarissable d’histoires invraisemblables, Gotlib a exercé son talent bien au-delà de la bande dessinée, co-scénarisant cinq longs métrages aux côtés de Patrice Leconte (lui-même auteur de bandes dessinées à ses débuts), ou encore Pierre Tchernia (grand ami de Goscinny).

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