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Entretien dans le Parisien du 8 juin 2015

Faire converger les centaines d’énergies dans un mouvement commun

8 juin 2015 | Catégorie(s) : Idées / Actions, Médias | Thème(s) :

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Ce frondeur appelle à la formation d’un nouveau mouvement citoyen.

A quoi aura servi le congrès de Poitiers ?

POURIA AMIRSHAHI. On va vite le savoir. Soit le PS, sous la houlette de Jean-Christophe Cambadélis, confirme son statut de porte-voix du gouvernement et ne sert à rien. Soit il pèse pour imposer les changements portés par Cambadélis lui-même dans son texte. Le PS doit contraindre l’exécutif au compromis. Si le parti n’assume pas son autonomie, il sera fossilisé et inutile. Il y a plus de pauvres, plus de chômeurs, le FN monte : soit on change, soit on va dans le mur.

Les frondeurs sont minoritaires, mais ils veulent continuer à batailler à l’Assemblée…

Comment faire autrement quand les ministres eux-mêmes disent qu’ils ne vont pas mettre en œuvre un texte qu’ils ont signé ? On ne fait pas de politique par la discipline. Je reste un parlementaire libre et fidèle au mandat pour lequel j’ai été élu. J’ai voté beaucoup de lois du gouvernement, mais celles que je n’ai pas soutenues, c’est au nom de mes électeurs. Je n’ai pas à me positionner différemment de mes engagements. Il faut imposer dans les quinze mois de nouveaux compromis. Je ne demande plus à François Hollande de faire ce qu’il a dit au Bourget. Mais si, au moins, il y a une réforme fiscale, une loi bancaire et un nouveau rapport de force en Europe, alors on aura redonné de l’espoir, de la confiance aux électeurs.

Vous appelez à créer un mouvement citoyen. Il n’est plus possible d’agir au PS ?

Si. Mais il y a aussi des gens dans d’autres partis avec qui on partage des idées, pourquoi nous priver de travailler avec eux ? Socialistes, écologistes, communistes, Front de gauche… Je ne demande à personne de quitter sa formation.

Mais, en faisant converger ces centaines d’énergies dans un mouvement commun, on peut reformuler un projet pour le pays : accès aux ressources, redistribution des richesses, transformation écologique…

Dans beaucoup de pays, les imaginaires se renouvellent : Podemos en Espagne, Syriza en Grèce, le Mouvement du 23 juin au Sénégal… Faisons-le à la française. Je préfère un grand chamboulement fécond plutôt qu’un grand dérèglement où la droite court après l’extrême droite et où une partie de la gauche court après la droite.

Propos recueillis par Rosalie Lucas

 

Entretien à retrouver dans le Parisien du 8 juin 2015

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