Veuillez saisir votre adresse e-mail pour recevoir la lettre d'information :

Libération

Loi renseignement : ils ont dit non

25 juin 2015 | Catégorie(s) : J'aime bien, j'en parle, Médias | Thème(s) :

Partager cet article

Ces huit élus se sont opposés au texte sur le renseignement au nom du «refus des abus de pouvoir». Retrouvez les extraits de leurs discours dans l’hémicycle dans Libération.

Pouria Amirshahi

«La République, ce n’est pas simplement l’ordre. C’est aussi la liberté et le droit, et c’est aussi ce qui nous unit tous depuis deux siècles : le refus de tous les abus de pouvoir. […] Personne ne dit que l’inten- tion [du gouvernement] est en soi porteuse, volon- tairement, […] de dérives liberticides. Mais souffrez tout de même que l’on s’in- terroge, dans le débat par- lementaire – sinon il ne sert à rien –, sur les risques potentiels, demain, du fait soit de la technique même de collecte massive des données, soit du manque de moyens accordés aux structures de contrôle.» Assemblée nationale, 13 avril 2015

Capture d’écran 2015-06-25 à 08.54.08Catherine Morin- Desailly
Sénatrice UDI de Seine-Maritime

«Quarante ans après sa naissance, Internet, synonyme de liberté, se révèle être aussi un instrument de puissance qui nous échappe, support d’un monde d’hypersur- veillance et de vulnérabi- lité. […] A l’hypersur- veillance, qui nous touche tous, doit correspondre la mise en place d’hypermoyens de contrôle de la surveillance, seul rempart contre l’arbi- traire. La France et les Français ont besoin d’être protégés, mais ils ont aussi besoin de voir leur démo- cratie et ses valeurs proté- gées sur le long terme.» Sénat, 2 juin 2015

Sergio Coronado
Député EE-LV de la 2e circonscription des Français de l’étranger

«On ne peut pas vouloir un très grand débat avec la société et avec les Français sur ces questions qui nous intéressent tous et, dans le même temps, limiter la du- rée du débat au Parlement et amputer les parlemen- taires de leurs prérogati- ves. On ne peut pas vouloir un très grand débat, un débat argumenté, et utili- ser des mots qui blessent, qui dénigrent, qui mépri- sent celles et ceux qui ne partagent pas les orienta- tions fondamentales de ce texte.» Assemblée nationale, 13 avril 2015

Capture d’écran 2015-06-25 à 08.54.18Laure de la Raudière
Députée UMP de la 3e circonscription d’Eure-et-Loir

«L’article 2 du projet de loi relatif au renseignement […] met en place la surveillance dont vous dites, monsieur le ministre, qu’elle est un fantasme et non ce que vous envisagez. Mais l’article 1er a ouvert un champ très large au do- maine d’intervention des services de renseignement, ce qui constitue en soi une surveillance politique de masse. L’article 2, dans le cadre de la lutte contre le terrorisme, met en place des techniques qui collec- teront massivement des données bien au-delà des personnes ayant l’idée de devenir jihadistes.» Assemblée nationale, 15 avril 2015

Isabelle Attard
Députée ex-Nouvelle Donne de la 5e circons- cription du Calvados

«Votre projet de loi nous ra- mène cent vingt-et-un ans en arrière. L’ennemi inté- rieur n’était alors pas les ji- hadistes, mais les anarchis- tes. Personne n’imaginait l’arrivée d’Internet comme nouvel espace public, mais le développement de nom- breux médias de masse in- quiétait déjà. En juillet 1894, un de nos illustres prédécesseurs a fait ici un discours s’opposant aux “lois scélérates” qui vi- saient à interdire tout moyen de communication aux idées anarchistes. L’auteur de ces mots, ma- dame et messieurs les mi- nistres, était le député Jean Jaurès.» Assemblée nationale, 13 avril 2015

Cécile Cukierman
Sénatrice PCF de la Loire

«Nous avons ten- dance à penser que les citoyens ne sont pas dupes, comme en témoignent les 138 000 qui ont si- gné la pétition con- tre le projet de loi et qui posent une ques- tion très pertinente : qui nous protégera contre ceux qui nous protègent ? C’est en répondant à cette simple question – qui surveille les sur- veillants ? – que la loi devrait s’assurer de l’équilibre entre sur- veillance massive et protection des liber- tés individuelles. Or il n’en est rien.» Sénat, 9 juin 2015

Claude Malhuret
Sénateur UMP de l’Allier

«Je vous souhaite vi- vement, monsieur le ministre de l’Inté- rieur, que d’ici quel- ques années, il ne se trouve pas un Snowden français pour nous révéler que cette loi a ouvert la porte à des écarts que vous n’aviez pas voulus. Je vous le souhaite, et je le sou- haite à notre pays. Vous nous dites que c’est impossible. Je dis, moi, que vous en ouvrez le risque. L’avenir dira qui de nous deux avait raison.» Sénat, 4 juin 2015

Esther Benbassa
Sénatrice EE-LV du Val-de-Marne

«Je vous le demande, mes chers collègues : lequel d’entre nous a déjà vu des Imsi- catchers, des boîtes noires ? Qui sait ce qu’est un algo- rithme ? Alors qu’un certain nombre d’en- tre nous utilisent en- core des téléphones d’un autre âge, allons-nous, igno- rants du raffinement des technologies modernes, adopter un texte susceptible de se transformer en arme redoutable en- tre les mains d’hom- mes, de femmes ou de régimes moins scrupuleux ?» Sénat, 9 juin 2015

Back to Top