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Pouria Amirshahi sur RFI : « la citoyenneté c’est politique »

2 novembre 2015 | Catégorie(s) : Idées / Actions, Médias | Thème(s) :

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J’étais l’invité du matin sur RFI ce lundi 2 novembre 2015.

Deux ans après l’assassinat des journalistes Ghislaine Dupont et Claude Verlon, nous sommes revenus sur l’enquête en cours, alors que l’on célèbre ce lundi 2 novembre la Journée internationale de la fin de l’impunité pour les crimes contre les journalistes.

Je me suis aussi exprimé sur les élections en Turquie et sur la crise en Syrie.

Enfin ce fut l’occasion d’échanger sur le lancement prochain du Mouvement Commun.

 

Verbatim

 

Le Mouvement Commun

 

Je suis comme tout le monde, je fais le constat que nos gouvernants, dans nos démocraties (car ce n’est pas que français) ne sont pas capables de faire face aux possédants. Ils sont jugés souvent comme soit pas capables, soit pas sincères. Or beaucoup de personnes engagées dans la société mobilisée, dans le syndicalisme, dans la culture, dans le monde de l’entreprise, dans l’écologie, dans l’agroécologie, dans bien des domaines, sont disponibles et font des démonstrations, non pas marginales mais des réalisations concrètes qui montrent que des contre-modèles sont possibles. Qu’il est possible de faire autrement. Avec des personnes qui sont engagées, élues ou pas, chacune dans leur secteur, dans leur métier, on veut créer un lobby citoyen, de grand mouvement qui prépare la France d’après. Qu’est-ce qui fait nos causes communes dans notre pays qui paraît tous les jours divisé ? Divisé entre ceux qui seraient français depuis 10 générations et ceux qui le seraient depuis hier. Divisé entre ceux qui seraient déjà à la retraite et ceux qui ne le seraient pas encore et qui paieraient pour les autres. Divisé selon qu’on appartient à des territoires relégués ou au contraire aux centres urbains. Qu’est-ce qui fait cause commune dans un pays qui doute de lui-même et de ses voisins ? On parlait de la Syrie mais on pourrait aussi parler de nos relations avec le Maghreb par exemple.

Qu’est-ce qui nous permet de redéfinir nos causes communes ? C’est ça l’idée du Mouvement Commun : remettre en mouvement des bonnes volontés qui ne se résignent pas à voir la France se replier sur elle-même.

C’est un mouvement politique mais pas électoral. Politique au sens où on s’assume comme citoyens. La citoyenneté c’est politique. Et on assume que dorénavant les propositions qui doivent être faites pour construire la France de demain ne doivent pas simplement être griffonnées sur un coin de table par quelques experts mais discutées par les hommes et les femmes qui sont concernés directement. C’est à dire vous, moi et tous ceux qui vivent en France.

Bien sûr que les élections sont importantes mais nos démocraties libérales, au bon sens du terme, sont en panne. Vous convoquez des électeurs à des élections et puis le lendemain vous expliquez, même quand vous êtes de bonne foi, que ce n’est pas possible. Il ne faut pas s’étonner ensuite qu’il y ait une résignation. C’est ce qu’ont fait beaucoup de gouvernants. Et c’est une difficulté lourde car c’est l’éthique qui est en jeu. C’est la sincérité qui est en cause. Et c’est la capacité d’agir et transformer le monde. On ne peut pas laisser faire aujourd’hui quelques personnes qui possèdent l’essentiel des ressources mondiales et qui mènent le monde vers des risques déflagratoires, du point de vue écologique, du point de vue des inégalités et dans bien d’autres domaines. Réapproprions nous nos souverainetés. Ces questions là elles se posent dans beaucoup de pays, en Tunisie, en Espagne, en France et ailleurs. Et c’est normal qu’en France nous nous mettions en mouvement pour inventer un autre modèle de développement.

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