Cette semaine, il fait chaud. Très chaud.
Paris est passée en vigilance orange canicule, dans un épisode extrêmement intense et précoce. Le lundi 25 mai « a été la journée la plus chaude enregistrée pour un mois de mai depuis le début des mesures » en 1947 indique Météo-France, alors que nous sommes à près de 8 degrés au-dessus des normales de saison.
Le dérèglement climatique n’est plus une menace lointaine. Il transforme nos vies, nos villes, nos logements, nos écoles, nos lieux de travail. Il rend certaines journées difficiles à supporter, certaines nuits impossibles à récupérer, et certaines situations dangereuses pour les plus vulnérables.
Car la chaleur ne frappe pas tout le monde de la même manière. Elle touche d’abord celles et ceux qui vivent dans la rue, sans accès régulier à l’eau, à l’ombre ou à un lieu frais. Elle touche les habitants de logements bouilloires, invivables dès que les températures montent. Elle touche les enfants dans des écoles insuffisamment adaptées, les personnes âgées, les malades, les travailleurs exposés dehors ou dans des bâtiments surchauffés.
La canicule agit comme un révélateur brutal des inégalités déjà là. C’est aussi ça, l’urgence climatique : une urgence sociale.
Et pourtant, notre pays reste trop peu préparé. Chaque épisode de chaleur donne le sentiment d’une même improvisation gouvernementale. On ferme parfois des écoles au dernier moment. On multiplie les consignes individuelles. On rappelle qu’il faut boire de l’eau, éviter les efforts, prendre des nouvelles des proches. C’est nécessaire, bien sûr. Mais cela ne peut pas tenir lieu de politique publique.
Nous avons besoin d’une véritable stratégie d’adaptation au changement climatique. C’est le sens des propositions portées par le groupe Écologiste et Social : garantir l’accès universel à l’eau potable, ouvrir en continu les îlots de fraîcheur, rendre obligatoires les volets et les brasseurs d’air dans les logements, végétaliser nos villes, protéger les arbres et engager une loi de programmation pour la rénovation thermique et climatique des bâtiments, des écoles, des hôpitaux, des logements et des équipements publics.
La canicule n’est pas une parenthèse. L’inaction climatique met déjà en danger les plus vulnérables, épuise les services publics et aggrave les inégalités. Face à cela, nous devons changer d’échelle.
Il ne s’agit plus seulement de « supporter » la chaleur. Il faut organiser la ville pour y vivre dignement, y compris quand le thermomètre s’affole.
