Une proposition de loi déposée par le groupe Horizons « visant à renforcer la pénalisation de l’organisation de rave-parties » est examinée en commission des lois aujourd’hui.
Son objectif est d’instaurer notamment une peine d’emprisonnement pour les organisateurs de fêtes non autorisées. Derrière l’argument sécuritaire, cette proposition de loi ne se limite pas à encadrer des événements festifs. Elle participe à une logique plus large de restriction des espaces de liberté.
Pourquoi cette proposition est dangereuse ?
Elle assimile toute personne participant à une rave à un organisateur potentiel. En brouillant ainsi la distinction entre participants et organisateurs, elle expose un grand nombre de personnes à des sanctions pénales lourdes, y compris des peines d’emprisonnement. C’est une dérive inquiétante qui élargit considérablement le champ de la répression.
Les rave parties ne sont pas seulement des rassemblements festifs. Elles sont aussi, depuis des décennies, des lieux d’expression alternatifs, de réponse à l’exclusion et de contestation politique.
Une démocratie solide ne cherche pas à faire disparaître par la peine ses marges, mais à les comprendre et à les encadrer avec justesse.
Aussi, en interdisant ces moments de fête, la droite va de facto augmenter les occupations illégales puisqu’il n’y aura plus d’espace de dialogue pour trouver les modalités d’organisation de ces fêtes en toute sécurité. Au contraire, des occupations illégales vont avoir lieu. La loi, si elle était adoptée en dernière lecture, augmenterait le mal (l’occupation illégale des terrains) qu’elle est censée combattre.
