Défaite d’Orban en Hongrie : mission d’observation des élections

MYRIAM BRIANT-BENABDALLAH

Dimanche 12 avril, Viktor Orban, au pouvoir depuis 16 ans, a été balayé par le peuple au profit de Peter Magyar.

J’étais en Hongrie entre le 9 avril et le 13 avril dans le cadre de la mission d’observation électorale de l’Assemblée parlementaire de l’OSCE (AP-OSCE).

Dans le cadre de cette mission de l’AP-OSCE, avec les autres membres de la délégation de l’Assemblée nationale, j’ai rencontré notamment plusieurs candidats et représentants des coalitions en lice pour les élections législatives hongroises du 12 avril.

En marge de cet engagement institutionnel, j’ai eu plusieurs temps d’échange pour La Digue, l’occasion de rencontrer des représentants des forces vives démocratiques hongroises, dans un contexte européen et mondial où se joue la prévalence des principes et institutions au coeur de l’engagement de La Digue et ses membres.

MYRIAM BRIANT-BENABDALLAH

Après 16 ans à avoir Viktor Orban comme premier ministre, la Hongrie entrait dans un week-end historique, à l’issue duquel Peter Magyar a finalement été élu Premier Ministre.

Peter Magyar faisait initialement partie du Fidesz et a décidé de rompre en février 2024 quand un scandale de pédocriminalité a éclaté en Hongrie, exposant de nombreuses personnalités politiques du parti au pouvoir et dénonçant la corruption interne.

Orban a fait campagne contre la guerre en Ukraine, affirmant qu’il était le seul à pouvoir conserver la paix pour les Hongroises et les Hongrois, alors que les Européens et Magyar voudraient précipiter le pays dans la guerre et se soumettre aux intérêts de l’Ukraine.

La campagne a été marquée par l’intervention des Russes, mais aussi des États-Unis avec la venue de JD Vance. Ce dernier a soutenu formellement Orban mais a très vite accepté l’idée d’une alternance. Le silence post-électoral de Poutine laisse aussi penser que Magyar n’a pas l’intention de rompre avec les deux puissances.

Magyar a finalement été élu sur des promesses de Justice, de changement d’un “système corrompu”, il y a une conscience qu’Orban a “volé” les Hongroises et les Hongrois, et aussi sur un souhait d’être mieux ancré à l’Ouest et arrimé à l’Union européenne (qui a gelé 28milliards de dotation).

Il obtient les ⅔ du Parlement, lui permettant d’avoir une majorité qui pourra peut-être l’aider à rétablir l’État de Droit, après 16 ans de démantèlement. Dans ce domaine, la presse et la Justice sont les deux victimes durables des années Orban.