Tribune

G7 à Évian : sommet sous cloche, mouvement populaire entravé

Tribune parue dans l’Humanité

Nous, signataires de cette tribune, soutenons les mobilisations contre le G7 et exigeons le respect des droits démocratiques, notamment la liberté de manifester et d’organiser un contre-sommet.

En juin 2026, le sommet du G7 se tiendra à Évian dans un dispositif de sécurité exceptionnel. Du côté français, plusieurs avancées ont néanmoins été obtenues grâce à la mobilisation des organisations engagées. Un village militant ainsi qu’une manifestation ont finalement été autorisés. Pour autant, le dispositif sécuritaire annoncé reste marqué par une logique généralisée de contrôle de l’espace public, faisant peser une pression constante sur les militant·es, les habitant·es et l’ensemble des participant·es aux mobilisations.

En 2019, à Hendaye – Irun plus de 90 organisations avaient construit un contre-sommet. En 2026, cette dynamique est délibérément empêchée : restrictions de circulation, interdictions de manifester, quadrillage policier des territoires, des deux côtés de la frontière franco-suisse. Tout est organisé méthodiquement pour étouffer la contestation.

À Genève, les autorités ont d’abord annoncé l’interdiction du village militant organisé par la coalition No-G7 avant de reculer face à la pression de la mobilisation. À ce jour, la manifestation du 14 juin contre le G7 et pour la Grève Féministe est toujours menacée.

Cette tentative de verrouillage n’est pas un accident : elle révèle une dérive autoritaire où la démocratie devient conditionnelle dès lors que l’ordre établi est contesté. Nous devons constamment lutter pour faire respecter les libertés d’expression, de réunion et de manifestation.

QUE DÉFEND LE G7 ET SON MONDE ?

Ce club fermé de puissances économiques (États-Unis, Canada, Japon, Allemagne, France, Italie, Royaume-Uni) est historiquement structuré pour maintenir un ordre mondial profondément inégalitaire.

Malgré des discours sur la lutte contre les inégalités ou la transition écologique, leurs politiques poursuivent les logiques : austérité, dérégulation, soutien aux multinationales.

Ce modèle se traduit aussi dans le monde du travail. Les droits des travailleur·euses sont fragilisés et la santé sacrifiée au nom de la rentabilité. Accidents, maladies professionnelles, exposition aux toxiques : partout, ce sont les corps qui paient !

Les États du G7 alimentent les logiques de guerre et de militarisation. Premiers exportateurs d’armes, ils participent à des conflits qui ravagent des populations entières. Derrière les discours sur la paix, ils produisent des destructions, des déplacements forcés et des crimes contre les peuples.

Le G7 est aussi l’un des moteurs du durcissement politique en cours : montée des logiques autoritaires, progression des extrêmes droites, criminalisation des mouvements sociaux, multiplication des violences racistes. Les droits des femmes et des minorités de genre reculent, dans un climat de violences et de discriminations accrues.

Derrière la thématique « minerais critiques », au cœur du sommet, se cache l’accélération de l’extractivisme dans les pays du Sud Global. Proposées comme des « partenariats », ces initiatives de sécurisation des ressources ont comme conséquences la destruction des écosystèmes, l’accaparement des terres, des violations des droits humains et autochtones, des conflits alimentés par la course aux « ressources ». De la République démocratique du Congo à l’Amérique latine, en passant par le Groenland, les peuples et la biodiversité en paient le prix.

Le cynisme est total : ceux qui alimentent les crises s’estiment être les gestionnaires légitimes, en empêchant l’émergence d’alternatives.

NOUS REFUSONS CE HUIS CLOS !

Nous refusons que l’avenir du monde soit décidé par quelques dirigeants, à l’écart des populations qui le produisent et le font vivre !
Nous refusons un modèle fondé sur la prédation, la domination économique, les guerres et la négation de la souveraineté des peuples !
Nous exigeons que les mouvements sociaux puissent s’exprimer et se mobiliser librement dans l’espace public, en France comme en Suisse.

En 2019, nous étions des milliers à faire entendre nos voix. En 2026, on tente de nous faire taire. Face aux incendiaires de la planète, nous continuerons à organiser la riposte. Non au G7 et à son monde.

Liste complète des signataires à retrouver sur le site de l’Union syndicale Solidaires, parmi lesquels des organisations, responsables et porte-paroles d’organisations, syndicalistes, chercheur.ses, personnalités, militant.es et élu.es, dont Pouria Amirshahi – Député de Paris.