Le 3 juin, l’Assemblée nationale a adopté une proposition de loi visant à réduire progressivement la présence de cadmium dans notre alimentation. Ce texte, porté par mes collègues Benoît Biteau et Clémentine Autain, répond à une urgence sanitaire : la contamination massive de nos sols, de nos aliments et de nos organismes par ce métal lourd toxique.
Mais c’est quoi le cadmium ? Vous en avez peut-être entendu parler après l’alerte lancée par plusieurs médecins, chercheurs et professionnels de santé. C’est un métal lourd, naturellement présent dans certains sols, mais dont la concentration augmente fortement à cause de certaines pratiques agricoles, notamment l’utilisation d’engrais phosphatés.
Le problème, c’est que le cadmium ne disparaît pas. Une fois dans les sols, il reste, s’accumule, et passe dans les plantes, puis dans l’eau et dans les aliments que nous mangeons tous les jours. C’est comme ça qu’un produit toxique finit dans nos assiettes. On le retrouve notamment dans des aliments très courants : pommes de terre, céréales, pain, pâtes, biscuits… Même dans le chocolat.
Et les conséquences pour notre santé sont particulièrement préoccupantes. Le cadmium est classé cancérogène. Il s’accumule dans l’organisme, notamment dans les reins, le foie ou la prostate. Plusieurs alertes scientifiques pointent aussi son possible rôle dans l’augmentation du cancer du pancréas, particulièrement meurtrier.
Les enfants sont les premiers exposés, car leur organisme fixe plus durablement ce métal toxique, alors même que leur alimentation est souvent composée de produits où le cadmium peut être présent. C’est pour cela qu’il faut agir vite.
La proposition de loi défendue par le groupe Écologiste et Social fixe donc une trajectoire : réduire progressivement la teneur maximale en cadmium autorisée dans les engrais phosphatés, avec un seuil de 40 mg/kg à partir de 2027, puis de 20 mg/kg en 2030. C’est une mesure simple, concrète, qui s’attaque à l’une des sources principales de contamination.
Quand il s’agit de santé publique, de protection des enfants et de prévention des cancers, il ne devrait pas y avoir d’hésitation. Le Rassemblement national a pourtant voté contre, tandis que le Gouvernement a donné un avis défavorable à ce texte.
Quoi qu’il en soit, cette adoption est une première victoire, en attendant que le texte poursuive son chemin au Sénat. Nous continuerons à nous mobiliser pour qu’il aille jusqu’au bout, parce que protéger la santé c’est aussi agir en amont, dans les champs, dans les sols, dans l’eau et dans nos assiettes.
