Lors d’une opération inédite lancée par le député Pouria Amirshahi, de nombreux élus de gauche ont visité des lieux de privation de libertés pour mineurs ce jeudi 19 février. Les remontées font état de potentiels manquements dans la proposition d’activités hors des cellules et dans l’accès aux soins et aux cours.
Par Ludovic Séré envoyé spécial à Bordeaux – photo Marion Parent (Libération)
«Dans le quartier disciplinaire, il n’y a pas d’école et on prive les détenus d’activités.
— Pourquoi les priver d’école ?»
— C’est une mesure disciplinaire.»
— Mais, l’école est obligatoire. Quels sont les effets vertueux à la privation de l’école ?»
— Monsieur le député, à l’inverse, quel est l’effet vertueux de laisser quelqu’un à l’école quand il a agressé un surveillant ?»
Voilà, s’il fallait la résumer, l’opposition de fond entre Arnaud Moumaneix, imposant directeur de centre pénitentiaire à Bordeaux, et Pouria Amirshahi, député de Paris poli mais pugnace, tendance écolo, venu exercer son droit de visite parlementaire ce jeudi 19 février, en compagnie de Libération. Cette opération surprise a eu lieu simultanément en six autres lieux de détention pour mineurs de la métropole, de Bordeaux à Metz, de Marseille au Havre
Etat des lieux
Depuis 9 heures ce matin, des élus ont donc toqué aux portes de prisons plus ou moins heureuses d’ouvrir leurs portes à l’improviste, obligées d’exposer leur linge sale. Parfois au sens propre. Parmi les enjeux principaux : constater l’accès aux activités, aux soins et à l’éducation dans ces lieux fermés. Ces éléments devront servir à la publication d’un nouveau rapport de l’l’Observatoire international des prisons (OIP) d’ici le mois d’avril. Libération a pu compiler des remontées des sept députés…..
Retrouvez l’article en intégralité sur le site de Libération
On en parle aussi ici :
ParLudovic Séré (Libération)
Objectif annoncé : constater les conditions de détention mais également l’accès à l’éducation et aux soins pour des détenus âgés de 13 à 18 ans. Le tout par surprise : l’administration pénitentiaire n’a pas été prévenue.
«Je me suis dit qu’il serait plus intéressant d’organiser un événement d’ampleur afin d’avoir des remontées multiples du terrain, plutôt qu’une énième visite parlementaire unique, comme cela se fait régulièrement», avance le député de la 5e circonscription de Paris, Pouria Amirshahi, à l’origine de l’initiative. Ce dernier, qui siège avec les écologistes à l’Assemblée nationale et vient de transformer son mouvement la Digue en association ouverte à la société civile, estime auprès de Libération que «la question carcérale s’est imposée comme un débat presque permanent» dans notre société. Et cite les dénonciations récurrentes de l’état des prisons françaises par les institutions européennes, les prisons de haute sécurité conçues «avec une vision sadique et doloriste de la peine». Mais également la loi Attal, imaginée afin de durcir la justice à l’encontre des mineurs délinquants et leurs parents, «portée par une rhétorique réactionnaire» à ses yeux. Celle-ci a été en partie censurée par le Conseil constitutionnel.
